L'édition 1971 du groupe Sloche ne ressemble guère à l'édition qui apparut sur disque quatre ans plus tard. En effet, on pourrait se douter qu'il aurait eu deux groupes du même nom. Du line-up original de Pierre Bouchard (claviers), Jacques Collin (basse), Fernand Paré (batterie) et Marcel Périgny (guitare), seul le dernier apparut ailleurs dans l'histoire progressive du Québec comme guitariste du groupe South Gate 24, qui deviendrait plus tard W.D. Fisher. (Fernand Paré ferait plus tard parti du Cajun Blues Band du guitariste/chanteur blues/folk/country/cajun nomadique Jay Sewall.) Le premier des musiciens mieux connus à apparaître dans le groupe était le claviériste Réjean Yacola. Yacola vient d'un monde différent des autres musiciens, ayant poursuivi des études musicales supérieures au Conservatoire de musique de Québec. Le groupe emploie déjà des arrangements à deux claviéristes, et des pièces telles « Stadaconé » apparaissent déjà parmi les compositions du groupe.

Peu à peu, le groupe commença à ressembler celui qui endisque les 2 chefs-d'oeuvres « J'un Oeil » (1975) et « Stadaconé » (1976). Tirant de sa liste de camarades du conservatoire, Yacola apporta en premier le bassiste Pierre Hébert, fils du pianiste de jazz Gérard Hébert. Le guitariste Caroll Bérard et le claviériste Martin Murray sont apparus ensuite. Un à un, les autres membres originaux quittent le groupe, bien que Bouchard continue à collaborer aux compositions du groupe (notamment « Stadaconé » et « Isaacaron »).

Un superbe début, le premier album du groupe semble venir d'un environnement influencé autant du mouvement Canterbury (Caravan, Soft Machine, Hatfield and the North) que du territoire jazz et funk, tout en faisant quelques clins d'oeil discrets, çà et là, au groupe britannique Gentle Giant. Seul le batteur Gilles Chiasson est absent des crédits de compositeur, chacun des autres responsable pour au moins une pièce. Lorsque le groupe chante en harmonie, comme sur la pièce titre ou bien lors du « Potage aux herbes douteuses » , il en résulte un son lisse et uniforme. Mais ce n'est qu'au deuxième album que le groupe dépasse la grande majorité en tant qu'habileté et présentation, adoptant une identité rapprochant le fusion. Chiasson est remplacé par le batteur André Roberge et le percussionniste Gilles Ouellet, mais ce changement n'explique pas l'amélioration remarquable de tous les musiciens. La pièce titre de l'album « Stadaconé » (qu'on se rappelle des premières années du groupe) est retravaillée et devient un tour de force, ainsi qu'« Isaacaron (ou le démon des choses sexuelles) » , toutes deux créditées à Pierre Bouchard et Yacola. Le groupe pousse plus loin, ce qui résulte dans un album sans pareil au Québec pendant les années '70. Il s'agit vraiment d'un groupe de calibre international... Malheureusement, le groupe ne fut guère connu à l'extérieur de la province pendant son existence.

Suite au groupe, on ne peut tracer les activités que d'un seul membre du groupe: Yacola embarque sous peu dans le troupeau à Raôul Duguay, devenant son claviériste et directeur musical sur scène, et participant dans les spectacles desquels font l'album live unique de ce dernier. Jusqu'à ce jour, le claviériste est impliqué à la performance, à l'enregistrement, et à la réalisation, portant souvent ces chapeaux avec l'étiquette de disque Ancyma.

There is a world of difference between the original 1971 Sloche lineup and the one that appeared on record, so much so that one could be misled to believe that two groups existed, both using the same name. Between original members Pierre Bouchard (keyboards), Jacques Collin (bass), Fernand Paré (drums) and Marcel Périgny (guitar), only Périgny appeared elsewhere in Quebec's progressive history as member of South Gate 24, later to become W.D. Fisher. (Fernand Paré would later become mbmer of blues/folk/country/cajun singer and guitarist Jay Sewall`s Cajun Blues Band.) The first of the recorded lineup to appear is keyboardist Réjean Yacola. Fresh from advanced studies at the Conservatoire de musique de Québec, Yacola came from a different world than the other members. The group already incorporated twin-keyboardist arrangements, with compositions such as "Stadaconé" in the group's early repertoire.

The original lineup gradually transforms into the one which recorded the two masterpieces "J'un Oeil" (1975) and "Stadaconé" (1976). Bringing out his black book of Conservatoire contacts, Yacola first drafted bassist Pierre Hébert, son of jazz pianist Gérard Hébert. Following suit were guitarist Caroll Bérard and keyboardist Martin Murray. One by one, the original members quit the group, although Bouchard continued to collaborate in band compositions (notably "Stadaconé" and "Isaacaron").

A superb debut, the first band offering gives off traces of a musical environment imbibed with both Canterbury-ish influences (Caravan, Soft Machine, Hatfield and the North) and jazz-funk territory, while giving a few discrete nods, here and there, to British band Gentle Giant. Drummer Gilles Chiasson is the sole member not to offer a composition to the track listing. The band's harmonized vocals, be they on the title track or on "Potage aux herbes douteuses", come out smooth and uniform. If the first album impresses, the second's display of skill and presentation blows the competition out of the water, coming closer to fusion. Chiasson is replaced by drummer André Roberge and percussionist Gilles Ouellet, but this change does not explain the remarkable leap in ability from all musicians. "Stadaconé"'s title track (hailing from the band's early years) is now reworked into a tour de force, as is "Isaacaron (ou le démon des choses sexuelles)", both credited to Pierre Bouchard and Yacola. The band pushes beyond previous limits, resulting in a peerless album from Quebec's progressive '70s. This is truly the work of international calibre... Unfortunately, the group remained unknown outside its home province during its existence.

We can only trace the activities of one member following the band's demise: Yacola signs up for Raôul Duguay's touring group, taking on the roles of keyboardist and musical director (and appearing on Duguay's sole live album in the process). To this day, Yacola remains involved in performance, recording and producing, often taking on these duties for the Ancyma record label.