Provenant majoritairement de l'Outaouais, le nom Connivence au début ne désigne pas un groupe musical comme tel. Il s'agit plutôt d'un ensemble de musiciens qui se sont unis afin de partager les frais d'endisquement afin que chacun puisse faire paraître quelques unes de ses pièces. On le remarque aussitôt qu'on regarde l'endos de la pochette de leur premier album, paru en 1977: Robert Soucy offre deux compositions, comme le fait également Steve Burman, en même temps que Philippe Legault n'offre qu'une. Ces pièces sont plutôt folk et moins progressives, espécialement lorsqu'on les compare à celles qui apparaissent au deuxième côté de l'album. L'ensemble Oasis offrent deux pièces superbes rappelant un Aquarelle plus agité, peut-être même plus électrique, avec violon, claviers, instruments à vent, basse et batterie. Les trois compositions du duo Nous Autres (Gilles Legault et Paul Lacasse) sont majoritairement folk eux aussi, sauf pour la deuxième des trois pièces à l'album qui se veut une performance acoustique instrumentale à saveur du travail solo d'Anthony Phillips (ancien guitariste de Genesis) pendant les années '70.

Le deuxième album arrive deux ans plus tard en 1979, et on n'y retrouve ni Robert Soucy, ni la grande majorité d'Oasis. Steve Burman et Nous Autres remplissent presque tout l'album de leurs compositions, ne laissant que deux numéros au nouvel-arrivé Guy LaFrance. Toutefois, le tout ressemble bien plus à un album de groupe que le premier, et des pièces comme « Chanson d'amour pour France » (chantée par la même France Charron, on présume, qui apparaît sur 4 chansons en tout) offrent un goût fusion à l'italienne, entre le folk, le jazz, et le classique. Les choses sont surtout aidées par la présence du groupe Syncope, qui accompagne souvent Burman (sur ses 4 bijoux instrumentaux) et Lafrance. On dirait un pop progressif (rempli des mélodies infectieuses) pour à peu près la moitié de l'album, avec Nous Autres demeurant fermement dans le terrain folk... bien qu'ils embrassent mieux les timbres et arrangements possibles avec les nombreux musiciens à cordes, à cuivres et à vents dans l'ensemble.

Le troisième album n'arriverait pas avant cinq ans plus tard, en 1984. Cette fois-ci, le son est plus léché, et bien plus électronique dès le début, avec l'arrivée au premier plan de Micheline Scott (qui apparut comme choriste au premier album) qui offre « Le Reggae de la buanderie » d'un style semblable à la chanteuse brittanique Kate Bush. C'est un album divisé entre trois compositeurs: Scott, Burman, et Gilles Legault. Les pièces à Legault sont maintenant à saveur de jazz-pop, un style auquel sa voix n'est peut-être pas habitué. Les compositions à Burman voguent quelquepart entre le compositeur-pianiste pop André Gagnon et le jazz des années '80 (Uzeb, Spyro Gyra). Les moments progressifs sont rares, mais l'album court (d'une durée de 29 minutes) a ses charmes pour ceux qui ont un penchant pour le côté intelligent de la musique adulte contemporaine des années '80.
In its infancy, the name Connivence represents not a band in the popular musical sense of the word. Rather, it heralds a grouping of musicians from the Outaouais area, united in order to share recording costs so that each could release a few compositions apiece. All is revealed on the back cover of their 1977 debut album: Robert Soucy offers two numbers, as does Steve Burman, while Philippe Legault only places one. These aforementioned pieces are mostly folk and less progressive, especially when held in contrast to the album's second side. The group identified as Oasis offers two superb pieces evoking a livelier (and perhaps more electric) Aquarelle, with violin, keyboards, wind instruments, bass and drums. Another three compositions, by the duo Nous Autres (Gilles Legault and Paul Lacasse), are also mostly folk-based, save for the second of the lot which evokes the acoustic, instrumental side of ex-Genesis guitarist Anthony Phillips's 1970's solo work.

The collective's second offering arrives two years later in 1979. This time, both Robert Soucy and most of Oasis have moved on. Steve Burman and Nous Autres nearly fill up the entire album with their compositions, with only two written by newcomer Guy LaFrance. Despite this (or maybe because of it), the end product ressembles much more a unified album than the previous outing, with tracks such as "Chanson d'amour pour France" (sung by its presumable subject, France Charron, who appears on four songs throughout the album) offering a taste of Italian-style fusion between folk, jazz and classical influences. The presence of the group Syncope throughout the album does aid the overall vibe, often embellishing Lafrance's compositions and Burman's four instrumental gems. One could better describe this album as progressive pop (chock full of catchy melodies) for about half the album, with Nous Autres firmly standing their folk-based ground... though they do stretch out by capitalizing on the presence of the extended ensemble's brass, strings and woodwinds to incorporate a range of possible timbres and arrangements.

A third offering would not be forthcoming until five years later, in 1984. This time around sees a much slicker and more electronic affair from the gitgo, with Micheline Scott stepping into the spotlight (after a short stint as backing vocalist on the first album). Her "Le Reggae de la buanderie" kicks off the album in the style of British singer Kate Bush. The album is divided between three composers: Scott, Gilles Legault and Burman. Legault's pieces now carry a jazz-pop flavour, which meshes less as well with his singing voice than his former folk stylings. Burman's compositions navigate between two disparate territories, on one hand Quebec piano-pop composer/performer André Gagnon, on the other '80s jazz (Uzeb, Spyro Gyra). Progressive moments are rare, but the rather short album (29 minutes long) has graces to offer the listener who has a taste for the intelligent side of 80's adult contemporary music.