Malgré le nombre d'étiquettes de disques indépendantes prenant souffle au Québec pendant les années '70 (sans oublier l'intérêt des majors au même moment), c'est surprenant de voir un album de si haute qualité au niveau d'exécution paraître sans étiquette connue pendant que la musique progressive était en plein essor. L?album qu'on crédite à Boule de son, paru en 1975, semble être attribué à deux auteurs-compositeurs-interprètes d?influence folk, Sylvie Granger (voix) et Daniel Lepage (piano et voix), entouré d'un ensemble de musiciens, dont Pierre Moisan (basse), Jean-Luc Éthier (flûte à bec), Jean-Jacques Bourdeau (guitares), Isabelle Guzzo (choeur), et Denis Toupin (batterie). Ce dernier se joindrait plus tard à Opus 5 et ensuite Concert. Bien que la direction musicale soit attribuée à Lepage (qui est également un pianiste avec un style impressionnant), il semble parfois que c'est plutôt les accompagnateurs qui donnent à leur album unique son côté légèrement progressif. « Just'en passant » se démarque de pièces assez simplistes décorées de guitares électriques acid et bluesy, de basse mélodique, de percussions souples, et de flûte paisible, souvent rappelant le côté plus expérimental du groupe Beau Dommage. L'ensemble démarre bien lors de la pièce qui débute l'album, « Arc-en-ciel », tandis que la composition minime « Réveil » se transforme à la main des musiciens en une pièce qui pourrait faire penser à Harmonium de cette même année. Les musiciens apportent également la pièce légère « Levez les yeux » à une fin davantage énergétique avec des guitares électriques en harmonie. L'album démontre plusieurs faux-pas minutieuses, mais réussit en général si on se concentre davantage à l'accompagnement et à la belle voix de Granger. En résumé, Boule de Son se compare bien à d'autres bijoux rares du style folk-rock tels que Demi-Heure.
Despite the rather large wave of independent record labels sprouting up in Québec during the 1970's (alongside the interest of the major labels within this same era), it is rather surprising to see an album filled with such high-quality performances appear without the backing of a recognizable record company, indie or otherwise... and this while Québec's interest in progressive rock was at its peak. The album we credit to Boule de son, released in 1975, seems to be described as being the product of two folk-influenced singer-songwriters, notably vocalist Sylvie Granger and pianist-vocalist Daniel Lepage. These two were accompanied by a group of musicians: Pierre Moisan (bass), Jean-Luc Éthier (recorder), Jean-Jacques Bourdeau (guitars), Isabelle Guzzo (backing vocals), and Denis Toupin (drums). Toupin would later join Opus 5, followed by Concert. While Lepage is credited as musical director (with an impressive piano style), one could be tempted to believe it is in fact the accompanists who give the album its lightly progressive flavour. "Just'en passant" is filled with simple compositions decorated with acid/bluesy electric guitars, melodic bass, supple percussion, and tranquil flute, often recollecting Beau Dommage's more experimental side. The group starts off on the right foot with the leadoff track, "Arc-en-ciel", whilst the overly simple instrumental composition "Réveil" transforms itself within the accompanists' hands into something that leads one to think of that year's Harmonium. The musicians also bring the lightfare piece "Lever les yeux" to an energetic conclusion, complete with double guitar leads. The album demonstrates several minute missteps, but generally succeeds if the listener directs his attention mainly to the accompaniment and Granger's beautiful voice. In short, Boule de Son compares quite well with other rare gems of a folk-rock flavour, such as Demi-Heure.