Formé de Jacques Rochon (voix, guitare), Yves Lauzon(guitare), Richard Boisvert (basse, synthetiseurs), et Daniel L'Écuyer (batterie), le groupe Av'nir n'est pas souvent listé dans les annals du rock progressif, et avec assez bonne raison: seul l'oreille déterminé réalise du premier coup les traces progressives. Leurs deux albums sont réalisés par le musicien-devenu-génie-de-studio Gilles Valiquette. On peaufine les arrangements des pièces de leur premier album éponyme sortie en 1975, présumément pour mieux jouer à la radio. On peut s'imaginer une influence légère de Blue Öyster Cult, cachée en arrière du son plutôt April Wine. Toutefois, on permet des synthétiseurs à la belle pièce "Les Nuages électriques", qui se combinent avec des progressions assez expérimentales afin d'approcher le prog rock. On peut presque dire mieux pour les changements brusques (sans cesse) de tempo d' "Un Jour". Toutefois, les autres pièces nous donnent l'impression d'un groupe qui n'a pas encore trouvé son identité, bien qu'on a plaisir à écouter leurs essais.

C'est au deuxième album lancé en 1976, "Déclic", qu'on peut vraiment dire que le groupe côtoye le mouvement rock progressif. Les synthétiseurs se démontrent davantage, et on y trouve même deux pièces instrumentales (soit "Quand tu sors..." et "Vengeance", cette dernière le sommet progressif du groupe). La présence de Valiquette est moins ressentie, les pièces "radio" s'éloignent, et le groupe y établit presque son identité recherchée. Infortunément, la pièce "La Terre tourne toujours" rapporte le côté schizophrénique du groupe à travers ses sept minutes et demie qui commencent en boogie-rock, passant ensuite à des sons progressifs dérivatifs, suivis par la reprise burlesque de "Ce Jour-là" comme finale (pièce qui clos également le côté A avec une version faux-country). Ces derniers gestes nous portent encore à croire que le groupe ne sait plus où il s'en va. Un succès quelconque a échappé au groupe, autrement on les féliciterait peut-être aujourd'hui pour leur éclectisme.
Consisting of guitarist/lead singer Jacques Rochon, guitarist Yves Lauzon, bassist/keyboardist Richard Boisvert and drummer Daniel L'Écuyer, Av'nir is rarely counted amongst the ranks of Québec's progressive rock movement, and with fairly good reason: only the determined ear can recognize the group's progressive leanings on the first listen. Both their albums were produced by musician-cum-studio-genius Gilles Valiquette. Their first, self-titled album, released in 1975, is filled with songs seemingly fine-tuned for radio. One can hypothesise a slight Blue Öyster Cult influence, buried behind a sound not unlike April Wine. Synthesizers appear on the pretty "Les Nuages électriques", combining with rather experimental chord progressions to approximate prog rock. "Un Jour" further approaches prog rock with its sudden, incessant tempo changes. The remainder of the album gives off the impression of a band who's yet to find its identity. Still, their attempts are pleasing to the ear.

The group approaches the progressive rock movement more convincingly with their second release, "Déclic", from 1976. The synthesisers are back with a vengeance, and are even featured on two instrumental numbers ("Quand tu sors..." and "Vengeance", the last one being the group's progressive peak). While Valiquette's presence is less felt, and the songs are not quite as radio-friendly, the band almost establishes their desired identity. Unfortunately, their effort goes astray with the schizophrenic album closer, "La Terre tourne toujours", seven and a half minutes which start off as boogie rock before trying on several derivative prog-rock stylings in turn, culminating in a burlesque version of "Ce Jour-là" (performed in full as a pseudo-country throwaway at the end of side one). These last album minutes seem to confirm that the band has no idea where to go next. Success eluded the group, otherwise they might be congratulated today for their eclecticism.